lundi 6 avril 2015

Independance Day 4 Avril 2015




4 Avril 2015, j'ai passé une excellente matinée.

Il parait que mon pays a 55 ans.

Ne vous inquiétez pas, je vous épargnerai les discours politico-révolutionnaires.

Je ne parlerai pas non plus de ma passion la plus vive du moment; la photo. Je vous dirai juste que nous avons réussi à poser un jalon de plus vers le statut d'artiste avec l'organisation de notre première exposition (#SunuExpo). Nous, c'est le groupe Sunu Nataal; 30 jeunes passionnés de l'image qui arborent les rues de Dakar à la recherche de sa plus vive beauté.

C'est ce crew qui m'a amené à faire une mini randonée sur la prise d'armes du 4 avril à l'occasion de la fête d'indépendance. Des années ce sont passées que je ne m'étais pas autant mélangé avec les symboles de la nation.

Entendre jouer en live l'hymne du Sénégal, sursauter aux coups de canons annonçant la venue du Président de la République, Faire à ma manière ma revue des troupes avec mon béret et mon arme comme dit Demba ku nek ak sa Nganay.

Mais ce qui m'a le plus fait plaisir, s'est d'avoir entendu entonner en cœur par nos jambars les mélodies qui caractérisent mon beau Pays : Hommage au président Lamine Gueye, Hymne de la jeunesse, Niani Demna, Hommage à Bouna Ndiaye, Xale bi lo di joy, Remixé en Jambar lo di joy et j'en passe....

Autant de symboles qui ont ravivé mon amour pour mon drapeau.

Le vert de l'espoir, le jaune aspiration au progrès, à l'émergence si vous voulez et le Rouge pour nos ancêtres qui ont donné de leur sang pour nous offrir le droit de crier haut et fort « je suis Sénégalais ».

Je terminerai par remercier nos forces de l'ordre, mon armée qui contribue au bien être de notre communauté, au bien vivre ensemble. Je les ai vus riant et chantant clamant leur amour pour la mère patrie; contredisant ceux qui la voient comme froide et inintéressante mais montrant également sa rigueur et sa discipline gage de force et d'excellence.

Fier d'être Galsen.

On nous tue mais on ne nous déshonore pas.

Paouz

mercredi 5 décembre 2012

Un café avec... les pharaons


Je me suis promené ce soir.
Oui, je sais, je suis récidiviste.
Je suis sorti tôt du boulot et je me suis dit que je devais aller regarder les vagues s’échouer sur la pierre. Voir ce spectacle perpétuel de la lutte de l’eau sur la roche où c’est le plus persévérant qui réussira l’emporter sur le supposé plus fort a le don de me calmer.
Bref j’imagine que tout ceci ne vous intéresse guère d’autant plus que les vagues je les ai à peine aperçues car au moment de descendre sur ma falaise préférée, j’ai rencontré trois amis, que dis je, deux amis et moi-même. Un de ces quatre je vous parlerai de mon autre moi vous en apprendrez beaucoup surement sur celui qui se promène tout le temps.
Donc j’ai participé bon grès mal grès à cette fin de réunion avant de me raccompagner car mon autre moi avait besoin de se reposer.
J’ai ensuite rejoint mes potes et après une petite promenade au bord de la belle corniche de Dakar nous avons décidé d’aller nous poser sur une terrasse de ces nombreux cafés qui fleurissent dans toute la ville. Celui ci je l’aimais bien avant j’y venais souvent regarder la grande boule d’or descendre derrière l’horizon du crépuscule. Le café y est bon mais l’air bourgeois qui s’y dégage me l’a fait un peu délaisser.
Pour ne pas rester dans le suspens, je vais vous dire tout de suite que notre promenade s’est terminée là-bas autour de cornets de glace, d’une bière, d’un café et d’un paquet de cigarettes. Mais je ne vous quitterai pas sans vous raconter notre discussion autour de cette table.
Nous avons parlé de cigarettes, de révolution, de voyage, de Gorée, d’Egypte, d’Afrique, de civilisations et développement.
Oui que des sujets communs quand trois jeunes africains qui rêvent d’unité, de développement et de progrès  dans les savanes ancestrales.
Dans les discussions nous sommes retournés à la place de l’obélisque pour demander que les cinq jeunes de Colobane arrêtés pour le meurtre d’un policier soient enfin jugés près de 7 mois après.
Nous nous sommes promenés un peu à Ouaga pour chercher à aller rendre hommage à Noel Isidore sur sa tombe.
Revenu au pays de la Téranga nous avons parlé de l’île chargée d’histoire, de son aristocratie, des fonctionnaires de services et de Mame Coumba. Mame Coumba fait parti de mes plus belles rencontres à Gorée. Je crois qu’elle espère me voir descendre de la chaloupe à chaque fois que celle-ci accoste versant sur l’île un nouveau lot de touristes et de visiteurs. Moi aussi je l’avoue, je la cherche dans toutes les rues à chaque fois que je retourne là-bas. C’est là tout le charme que je retrouve au Good Rade (Comprenez Beer ou Gorée).
Mais on a aussi discuté sur les autres facettes de Gorée, la pauvreté, la débauche ou encore la bêtise humaine.
Cette bêtise nous a fait faire un voyage dans le temps pour nous a ramené à voir les  civilisations anciennes, de l’Egypte et de ces pyramides. Donc du génie africain. Confisquée et bâillonnée. L’Afrique qui après avoir rayonnée dans le monde entier s’est retrouvée deux mille ans plu tard déportée, dominée, opprimée. Pourtant les secrets de ce génie demeurent et nous devrions nous les réappropriés pour nous remettre dans le sens du développement et briser les chaines de la dépendance.
Sankara disait « nous devons accepter de vivre africain, c’est la seule façon de vivre libre et de vivre digne ».
Malgré les obstacles évidents, les échecs cuisants et l’avenir incertain nous avons affirmé y croire tous dur comme fer que notre continent connaîtra son heure et retrouver la place quelle mérite dans l’histoire.
Il faisait nuit noire mes amis devaient rentrer quand moi je m’en suis allé voir un film ; promis je vous le raconterai.
Paouz
Dakar le 15 Octobre 2012

vendredi 1 juin 2012

Un matin dans ma ville...




Ce matin je me suis levé tôt! Rien ne m'y obligeait mais je savais qu'une surprise m'attendait...

Un premier rendez vous vite évacué et je devais revenir à la maison mais une intuition m’a demandé d'abandonner mon taxi contre une petite promenade dans la ville. Je me suis engouffré dans le marché...

Wouyay! Je n'ai pas eu tord, était ce ma surprise!? Une rue bondée! 10 000 odeurs! Des pousse-pousse! Une ambiance indescriptible! Les bambins qui se sont échappés de l'école primaire vadrouillaient entre les mamans remplies de sachets qui contenaient toutes les couleurs de l'arc-en-ciel!

Je me suis arrêté à l'étale d'une dame qui a essayé de me faire du charme: "Lo beug chérie?" m'a-t-elle demandé! Ça m'a fait rire et j'ai dû acheter bouy 100frs + bissap 100frs pas sans avoir marchandé un peu histoire de la faire parler. Son visage ridé a gardé toujours une beauté que la vieillesse n’a pas pu enlever!

Ensuite je me suis faufilé entre le beau poisson, les tomates fraîches et le KONG (poisson fumé)! Un dernier passage dans le marché de la fripe où on pouvait faire une bonne affaire en achetant une non contre façon usée de sac presque gratuit.

A la sortie du marché je me suis rendu compte que je m’étais peut être trompé! Je n’avais pas encore vécu ma surprise. Elle était là devant moi. Belle comme ce beau ciel bleu! Ses yeux immenses contenaient la perle couleur cola qui baignait dans le lait de la même couleur que ses dents! Je ne me rappelle pas de beaucoup de choses d’autre sur elle tellement ces yeux m’avaient éblouis. Nous nous sommes vus, ou regardés; Elle m’a souri et je crois que je l’ai aimée!
Et comme bon nombre de mes histoires d’amour elle n’a vécu que cet instant! Je ne connais pas son nom donc je l’ai appelé Djamila! Elle s’est enfuie entre l’étale de salade et le magasin du moulin à mil!

Voila c’était mon début de journée!

Moralité, ne rater pas une occasion de marcher dans la ville! Dakar est la plus belle!

mercredi 22 février 2012

DEMOKARAASI DEMOKARAASI

Demokaraasi jéggi na diine,
Boole nit ak ngëm gu ne
Demokaraasi romb na xeet
Yamale ñépp, dàq wéet.

Réew dañ koy péncoo,
Ken du ko pàccoo !

Demokaraasi weddi na boddikonte,
Digle bokkoo ak jàppalante.
Wuute maam, wuute waasoo,
Terewul bokk réew tey diisoo.

Réew dañ koy péncoo,
Ken du ko pàccoo !

Bu fitna tàkkee, jàmm jéex,
Doo tal diine bay xalaat féex.
Doo tal jàmmasante,
Bay xalaat seetante.

Réew dañ koy péncoo,
Ken du ko pàccoo !

Demokaraasi du jiital alal
Jaay ak jënd baat di ko lal;
Du jënd nit, def ko mala,
Te jaay kart musiba la.

Réew dañ koy péncoo,
Ken du ko pàccoo !

Demokaraasi dog na jéng
Demokaraasi fecci jatang
Yewwi ci askan xol ba ak xel ma
Siggil liggéeykat ak waa réew ma.

Réew dañ koy péncoo,
Ken du ko pàccoo !

Momar Sàmb, awril 2001

mardi 14 février 2012

La Démission du Juge Kéba Mbaye en 1993

En 1993, le juge Feu Kéba Mbaye annonçait sa démission de la présidence du Consel conseil Constitutionnel, au lendemain du scrutin des élections présidentielles....
Pourquoi s’intéresser à cet événement compte tenu de la situation actuelle que vit le Sénégal à la veille d'une élection présidentielle dont l'issu et le
déroulement sont encore très improbable?

Selon l’article 35 de la constitution sénégalaise :

Les Cours et Tribunaux veillent à la régularité du scrutin dans les conditions déterminées par une loi organique.

La régularité des opérations électorales peut être contestée par l’un des candidats devant le Conseil constitutionnel dans les soixante douze heures qui suivent la proclamation provisoire des résultats par une commission nationale de recensement des votes instituée par une loi organique.

Si aucune contestation n’a été déposée dans les délais au greffe du Conseil constitutionnel, le Conseil proclame immédiatement les résultats définitifs du scrutin.

En cas de contestation, le Conseil statue sur la réclamation dans les cinq jours francs du dépôt de celle-ci. Sa décision emporte proclamation définitive du scrutin ou annulation de l’élection.

En cas d’annulation, il est procédé à un nouveau tour du scrutin dans les vingt et un jours francs qui suivent. “

Nous remarquons très clairement le rôle que doit jouer le conseil constitutionnel sur la régularité des élections présidentielles.

C'est cette remarque qui m'a emmené à me poser la question initialement annoncée.
Pourquoi le départ de  Mr Mbaye à la veille de la proclamation des résultats du scrutin du dimanche 21 février 1993?
J'ai d'abord cherché une version officielle. Le livre de Mr Latif Coulibaly le “président et les assassins” nous donne des détails sur ces évènements.
Il faut dire qu'à l'époque les résultats provisoires devaient être proclamés par la commission nationale de recensement des votes mais celle ci a eu des difficultés à les sortir dans les délais de 5 jours comme prescrit par la loi et décide de transférer le dossier au conseil constitutionnel. Ce dernier délibère 3 jours en retournant le même dossier à l'envoyeur en lui fixant un délais de 72 heures pour donner les résultats provisoires.
Au même moment le juge Mbaye rédige sa lettre de démission qu'il remet à la présidence de la république. Le président Diouf accepte sa démission et rend publique la lettre. Les raison qu'il donne à Mr Coulibaly lors d'une interview dans son livre sont les suivants:

« Compte tenu du rôle que j’ai joué dans l’élaboration du code électoral, en tant que Président de la Commission cellulaire de réforme, de tout ce que  
j’attendais et que je vois actuellement, je considère que je suis arrivé à un échec. Il faut appeler un chat, un chat. Je  devrais donc en tirer toutes les conséquences (…) La seule chose déterminante dans  ma décision c’est le fait que je me suis aperçu que j’étais dans l’erreur (…). Je m’étais dit que le Sénégal avait passé la barre, mais je me suis rendu compte qu’il se trouve toujours de l’autre côté ».

Abdou Diouf nomme alors le juge Youssoupha Ndiaye à la tête du conseil constitutionnel.
Les raisons officieuses données vont jusqu'à dire que le juge aurait subit des pressions de la part du pouvoir pour trancher en sa faveur lors de cette élection où de nombreux recours avaient été déposés par 6 des huit candidats dont le président Diouf lui même à cette élection. ces recours demandaient l'annulation de beaucoup de procès verbaux contenant des résultats incohérents ou étant en vice de forme.

Les résultats de ces élections de 1993 avaient été finalement proclamé par le conseil constitutionnel 20 jours après le scrutin car la commission de recensement n'avait pu le faire dans les 72h demandées par le même conseil. Ces résultats avaient donné Abdou Diouf vainqueur avec 58,4% des voix suivi de Maître Wade avec 32%.

Avant de clore cette partie de l'histoire je doit rappeler que la nomination du juge Kéba Mbaye avait été décidé d'un commun accord entre le président Diouf et l'opposition notamment Maitre Wade et Amath Dansokho ce qui ne fut pas le cas avec celle de Maitre Youssou Ndiaye. C'est donc tout naturellement que Wade s'opposait à l'époque contre ce conseil constitutionnel qu'il jugé illégitime en ces termes le 29 avril 1993 en tenant un meeting à Diourbel et relaté dans les colonnes du « Soleil » du 30 avril 1993 :  « Le Conseil constitutionnel n’est pas crédible et n’a pas à interpréter l’élection. L’élection c’est l’affaire des populations. Abdou Diouf étant candidat, n’avait pas à nommer le Président du Conseil qui se trouve être son homme. Son vice-président (Maitre Babacar Seye) est un membre du parti socialiste c’est connu de tous. Ce qui est une véritable entorse à la Justice. Mais pour les élections législatives prochaines, la décision de cette institution ne sera pas ».  

Pourtant c'est le même Youssou Ndiaye qui toujours à la tête du conseil constitutionnel a déclaré Maître Wade vainqueur de l'élection présidentielle de Mars 2000.

Tout ceci pour dire que le conseil constitutionnel joue un rôle déterminant dans le processus électoral et que cette dernière est pour moi garante de la stabilité de ce pays. Puisse l'œuvre de Feu Kéba Mbaye peser pour des délibérations équitables en faveur du droit et de la justice; chose que les 5 sages n'ont pas pu faire le 27 et 29 Janvier 2012.